Photo de Metz Kosmos

Ida Blersch avec les chevaux Faxi et Saara. Photo de RX Austria & Germany.

Photo de Oliver Keth

Photo: Barbara Schnell

Que pense le Dr Britta Schöffmann, spécialiste du sport, professeure de dressage et auteure, du travail des différentes races de chevaux?
« Chaque cheval est différent, c’est certain. Les différences individuelles reposent sur la conformation physique et la race, mais aussi sur le caractère et le tempérament. Cependant, tous les chevaux peuvent être montés et travaillés en fonction de leurs talents. Pour ce faire, une équitation classique et un travail de dressage solide sont indispensables. Pour qu’un cheval reste en bonne santé, rien ne vaut la gymnastique et le travail adapté à ses capacités. Le travail de chaque cheval se base toujours sur l’échelle de progression : le rythme, la souplesse, le contact, l’impulsion, la rectitude et le rassembler. C’est le cadre fondamental indispensable à une évolution positive. Pour le travail de chaque race, que ce soit en loisir ou en équitation de sport, on établit des priorités différentes en fonction du physique, du tempérament et du caractère de son cheval. Le but doit toujours être d’atteindre la meilleure harmonie possible entre le cavalier et sa monture – peu importe le niveau du cavalier, le style de monte ou la race du cheval. »

Si le travail est bien réalisé, même un Haflinger peut briller en dressage de haut niveau, un Dülmen sauvage peut piaffer et un cheval islandais peut exceller en équitation de travail.

De spectaculaires islandais
Ces deux dernières années, c’est un groupe bien particulier qui a remporté le prix du meilleur spectacle d’Equitana - d’abord en 2022 à Mannheim lors d’Equitana Open Air, puis cette année lors du salon Equitana organisé à Essen. L’équipe de cinq amis se compose d’Ida Blersh, âgée de 13 ans, d’Anna Maurer, 24 ans, et de trois chevaux islandais, Faxi, Bella et Saara. Ils vivent tous à Aichbühl, dans le Sud de l’Allemagne, dans l’écurie des parents d’Ida.

Faxi et Ida ont grandi ensemble, tout comme Anna, Bella et Saara. Les deux filles incarnent fièrement la mentalité de l’écurie d’Aichbühl : « Le plus important pour nous, c’est que chaque cheval reçoive une formation de base solide», raconte Julia Blersch, la maman d’Ida et coach des deux jeunes filles. « Les fondements du travail doivent être corrects. Cela peut prendre du temps, mais seul un entraînement de base solide peut permettre de grandir. Peu importe la race du cheval ou le style d’équitation pratiqué. » Ida et Anna ont toutes deux eu beaucoup de succès avec leurs chevaux islandais lors de concours d’équitation de travail jusqu’au niveau élémentaire, mais aussi lors d’épreuves de TREC ou de concours de randonnée.

Les chevaux vivent en troupeau, ils ont profondément confiance en leurs deux cavalières et sont prêts à tout (ou presque) pour s’amuser. Ils sont très motivés et relèvent quasiment tous les défis. Les filles les montent beaucoup, mais le horsemanship et le travail en liberté font aussi partie de leur entraînement. Ils aiment aussi réaliser des clowneries : être montés en poste hongroise ou monter au galop dans un camion en feu sans bridon, par exemple. D’autre part, ces chevaux islandais sont aussi utilisés pour le cirque et en hippothérapie. Leur entraînement de dressage les rend faciles à monter et souples, ce qui permet à leurs cavalières de bien montrer leurs allures, surtout le tölt.

Les gérants de ces écuries actives sont particulièrement attachés à un projet en particulier : le « Cirque des Poneys ». Via ce programme, ils répètent régulièrement des spectacles hauts en couleurs avec tous les élèves, poneys et chevaux, et ces shows épatent ensuite la foule lors de festivals ou de spectacles de Noël. Au-devant de la scène, on retrouve toujours Ida, cette jeune de cinquième qui a fait sa première apparition publique en tant que princesse dans ce cirque des poneys alors qu’elle n’avait

même pas deux ans. Anna , une institutrice maternelle et

équithérapeute qualifiée, est aussi toujours présente. Les chevaux sont les stars du spectacle, ils réalisent des numéros de cirque : ils se couchent, s’assoient et se cabrent, effectuent du pas espagnol et de la poste hongroise.

Quand elle était jeune, Ida avait le droit, quand elle était malade, de regarder des vidéos du maître incontesté de la poste hongroise, le Français Lorenzo. Elle s’était alors fait une promesse : « Un jour, moi aussi, je ferai ça ». Et aujourd’hui, elle se tient facilement sur les croupes de Faxi et Saara, saute des obstacles ou passe en-dessous de ceux-ci, comme son idole. Anna régale le public avec du dressage en liberté et du travail de cirque remarquable. Ce spectacle est réellement unique et démontre ce donton est capable d’accomplir avec des chevaux travaillés sur de solides bases et avec beaucoup de sensibilité.

La suite pour ces deux filles ? Leurs jeunes juments, qu’elles travaillent elles-mêmes : Cessi, la Connemara de Anna, et Coco Chanel, une Morgan (une race américaine encore relativement méconnue en Europe). En équitation de travail, Coco et Ida se sont déjà classées en niveau élémentaire en 2022 – nous avons hâte de voir ce que l’avenir leur réserve et leur souhaitons tout le meilleur !

Un Haflinger de haut vol
« Amani » signifie « souhaits » en arabe et « bijou » en hindou. Le noble Haflinger de 18 ans porte bien son nom. Il a réalisé tous les souhaits de sa propriétaire, Franziska Keth, et c’est un véritable bijou.

Ce beau blond est né en 2005 dans une petite écurie de la Hesse, en Allemagne, où Franziska Keth monte depuis qu’elle a huit ans. Les propriétaires, membres de la famille Braum, élèvent depuis longtemps des Haflingers. Ce sont eux qui ont fait naître Argus, le grand-père de notre Amani. Argus fut d’ailleurs l’un des premiers de sa race à concourir face à des grands chevaux dans des reprises de dressage de niveau M.

Quand elle était petite, Franziska Keth allait à toutes les compétitions, à tous les concours d’élevage et à tous les événements possibles. Quand ce fut au tour d’Amani d’être débourré en 2009, alors qu’il avait quatre ans, c’est elle qui s’est attelée à la tâche. « Amani était extrêmement sensible et voulait tout bien faire dès le départ », se souvient sa cavalière. « J’ai su immédiatement que c’était MON cheval ». C’est d’ailleurs toujours le cas. Amani est resté étalon, il travaille très dur et est bien dans sa tête. Ce n’est absolument pas un tyran : il partage le camion avec des juments et est facile à manipuler, même pendant la saison de reproduction. Il a, en outre, eu une carrière sportive exemplaire. Lors de sa première reprise A en 2009, il s’est directement classé deuxième, pour ensuite enchainer sur une série de coupes et de flots dans les catégories A et L. A l’âge de 22 ans, Franziska a décidé de passer au niveau M avec Amani et, six

mois plus tard, ils ont obtenu ensemble leur premier classement. « Amani a mis du temps pour apprendre les changements de pied, mais c’est certainement moi qui ne lui expliquais pas bien », avoue Franzi Keth. Sa monitrice, Christiane Braum, l’accompagne depuis les petits niveaux et accorde énormément d’importance aux bases. Si le cheval ne comprend pas quelque chose, mieux vaut prendre du recul – c’est toujours comme cela que Franziska fonctionne . Le duo s’est entraîné sur des reprises plus compliquées, en apprenant sur le tas. Et même si ça prend du temps, une fois qu’Amani a compris un exercice, il l’a acquis pour la vie. Passer au haut niveau a été une étape importante supplémentaire, mais ils y sont égale

ment parvenus. Aujourd’hui, il réalise des passages et des piaffers

fantastiques, et brille encore de mille feux quand il évolue en piste.

Cependant, aujourd’hui, Franziska Keth ménage Amani davantage : elle veut garder le cheval de sa vie pendant de nombreuses années encore. Amani a été sacré champion de complet de la Hesse a l’âge de 13 ans, et pourtant elle a décidé de mettre un terme a sa carrière dans cette discipline juste après. « On ne faisait du complet que pour trouver un équilibre avec le dressage » explique-t-elle. « On a remporté le dressage haut la main, puis on s’est débrouillés en CSO (parce que je ne suis pas cavalière d’obstacles). Pendant le cross, Amani m’a donné l’impression de voler. C’était incroyable ! Mais il faut savoir s’ar

rêter quand tout va bien, et c’est ce que

j’ai fait, dans l’intérêt de mon cheval. »

Franziska Keth est célèbre dans le monde du dressage, mais elle a eu besoin du soutien de sa famille et de ses amis. Elle a fait face aux intimidations pendant ses échauffements, aux remarques sournoises quand elle et son beau blond d’à peine 1m51 avaient le dos tourné. Ces voix se sont tues à présent, et les chevaux de selle aux allures épatantes se retrouvent derrière le Haflinger dans les classements. Amani vit une belle vie de cheval : tous les jours au pré, et un programme de travail très varié. « On ne fait jamais la même chose deux jours de suite », explique Franzi Keth.  « Barres au sol, longe, balades, travail au sol, dressage en liberté, attelage…La variété est la clef ». Et quand on lui demande si ce merveilleux cheval a de mauvaises habitudes, elle nous explique qu’Amani a du mal à contenir son enthousiasme au printemps, quand il retourne au pré. Il s’est d’ailleurs retrouvé plusieurs fois en liberté, avec la longe du licol entre les membres. Cela dit, il reprend une attitude plus docile après quelques jours.

Le fils d’Amani, « All in One », un cheval de neuf ans, élevé par Franzi Keth elle-même, suit les pas de son père et est déjà très performant au niveau intermédiaire. Ces deux chevaux se trouvent actuellement dans les écuries que la famille Keth loue et, à leurs heures perdues, ils servent de poneys de compagnie à la fille de Franzi, âgée de deux ans.

Nous espérons que cette grande famille profitera encore de nombreuses aventures merveilleuses !

De cheval sauvage à champion de dressage
Il y a trente ans, Britta Becker a déménagé dans la campagne allemande. Deux ans plus tard, elle a réalisé son rêve : avoir son propre cheval. Évidemment, un cheval n’est pas vraiment heureux s’il est tout seul – pour lui tenir compagnie, elle a donc décidé d’acheter un poulain Dülmen lors de ventes aux enchères consacrées chaque année aux chevaux sauvages. Elle a choisi le numéro 25, un petit poulain hirsute et timide qui fuyait tout contact. Elle l’a très vite surnommé « Petit Âne ». Il fut ensuite officiellement baptisé « Pinocchio » et perdit rapidement sa timidité envers les humains. Britta Becker a beaucoup travaillé à pied avec ce jeune cheval, tant en piste que lors de longues promenades. Quand la jument de Britta est devenue poulinière, Pinocchio a pris le relais et s’est laissé débourrer sans problème, très certainement grâce à la confiance qui s’était installée entre le cheval et sa cavalière. Pinocchio a rapidement compris ce qu’on attendait d’un cheval d’un loisir, et il aimait aussi beaucoup les enfants. 

« Je le montais dans un club à proximité de chez moi et, après un certain temps, il a été question de le faire monter par des enfants » se souvient Britta Becker.

Voilà comment Jana Ruff est entrée en scène en 2001. La jeune fille de 14 ans et Pinocchio ont directement formé une équipe de rêve : leçons, stages, premiers concours… Rien ne les arrêtait ! En 2003, Jana a dépassé l’âge autorisé pour concourir en épreuve poneys, et ils ont donc dû participer aux compétitions réservées aux chevaux. En 2008, le couple a déroulé sa première reprise de niveau M en concours. À 17 ans, Pinocchio a subi une intervention abdominale majeure, mais il s’en est sorti grâce à sa robustesse. Après la période de rééducation, le duo de rêve a de nouveau brillé. D’abord en reprises A, puis M, et enfin dans des reprises S – dans le grand carré de dressage !

Il est incroyable de constater ce qu’on peut accomplir avec du bon travail, et ce malgré la conformation de sa monture. « Pinocchio était un vrai battant », se souvient Britta Becker. « Il comprenait toujours les enjeux et donnait tout ce qu’il avait ».

Ses concurrents et les juges de paddock avaient souvent un autre avis sur la question. Par exemple, certains disaient à Britta que l’échauffement pour les reprises E avaient lieu ailleurs, et Jana se faisait parfois intimider par les autres cavaliers qui lui lançaient des commentaires désobligeants. Cependant, toutes ces voix se sont tues lorsque Pinocchio s’est retrouvé en haut du classement et que le couple a réalisé son premier tour d’honneur. Alors, la plupart des cavaliers ont respecté Jana et « Pinocchio 135 », qu’ils ont dès lors considérés comme de sérieux concurrents.

Alors qu’il avait été acheté pour servir de « tondeuse », Pinocchio a eu une véritable carrière d’athlète. En plus de ses performances dans le carré de dressage, il faisait de longues promenades, du travail à pied, sur barres au sol et aux longues rênes, ou encore du saut d’obstacles. Cette variété dans le travail lui permettait de rester motivé. Il montrait son caractère unique lors des nombreux concours et événements de grande ampleur auxquels il participait, mais aussi lors de petites rencontres près de chez lui où il permettait docilement à des enfants de le monter pour une bonne cause.

Il a eu une vie heureuse dans un grand box et avec un accès quotidien à la l’herbe. Comme tous les poneys, il était très gourmand et extrêmement malin. Il est décédé en 2016 après une vie exceptionnelle de 21 ans vécue dans les meilleures conditions. Tous ceux qui l’ont connu se souviennent de ce petit sauvageon d’1m43 avec beaucoup d’affection.

C’est difficile à croire, et pourtant… Avec un travail adapté, beaucoup d’assiduité et de patience, certains couples cavalier-cheval parviennent à réaliser des performances qui semblent impossibles, en général à cause de la race du cheval en question. Dans cet article, Malgré Tout vous présente trois de ces couples exceptionnels.

Par Kerstin Schmidt // Photos: Barbara Schnell, Oliver Keth, Kerstin Bernhardt, Jasmin Bittmann & Metz Kosmos

sports équestres
Races insolites en 

Photo de Metz Kosmos

Que pense le Dr Britta Schöffmann, spécialiste du sport, professeure de dressage et auteure, du travail des différentes races de chevaux?
« Chaque cheval est différent, c’est certain. Les différences individuelles reposent sur la conformation physique et la race, mais aussi sur le caractère et le tempérament. Cependant, tous les chevaux peuvent être montés et travaillés en fonction de leurs talents. Pour ce faire, une équitation classique et un travail de dressage solide sont indispensables. Pour qu’un cheval reste en bonne santé, rien ne vaut la gymnastique et le travail adapté à ses capacités. Le travail de chaque cheval se base toujours sur l’échelle de progression : le rythme, la souplesse, le contact, l’impulsion, la rectitude et le rassembler. C’est le cadre fondamental indispensable à une évolution positive. Pour le travail de chaque race, que ce soit en loisir ou en équitation de sport, on établit des priorités différentes en fonction du physique, du tempérament et du caractère de son cheval. Le but doit toujours être d’atteindre la meilleure harmonie possible entre le cavalier et sa monture – peu importe le niveau du cavalier, le style de monte ou la race du cheval. »

Si le travail est bien réalisé, même un Haflinger peut briller en dressage de haut niveau, un Dülmen sauvage peut piaffer et un cheval islandais peut exceller en équitation de travail.

Ida Blersch avec les chevaux Faxi et Saara. Photo de RX Austria & Germany.

Photo: Barbara Schnell

Photo de Oliver Keth

Un Haflinger de haut vol
« Amani » signifie « souhaits » en arabe et « bijou » en hindou. Le noble Haflinger de 18 ans porte bien son nom. Il a réalisé tous les souhaits de sa propriétaire, Franziska Keth, et c’est un véritable bijou.

Ce beau blond est né en 2005 dans une petite écurie de la Hesse, en Allemagne, où Franziska Keth monte depuis qu’elle a huit ans. Les propriétaires, membres de la famille Braum, élèvent depuis longtemps des Haflingers. Ce sont eux qui ont fait naître Argus, le grand-père de notre Amani. Argus fut d’ailleurs l’un des premiers de sa race à concourir face à des grands chevaux dans des reprises de dressage de niveau M.

Quand elle était petite, Franziska Keth allait à toutes les compétitions, à tous les concours d’élevage et à tous les événements possibles. Quand ce fut au tour d’Amani d’être débourré en 2009, alors qu’il avait quatre ans, c’est elle qui s’est attelée à la tâche. « Amani était extrêmement sensible et voulait tout bien faire dès le départ », se souvient sa cavalière. « J’ai su immédiatement que c’était MON cheval ». C’est d’ailleurs toujours le cas. Amani est resté étalon, il travaille très dur et est bien dans sa tête. Ce n’est absolument pas un tyran : il partage le camion avec des juments et est facile à manipuler, même pendant la saison de reproduction. Il a, en outre, eu une carrière sportive exemplaire. Lors de sa première reprise A en 2009, il s’est directement classé deuxième, pour ensuite enchainer sur une série de coupes et de flots dans les catégories A et L. A l’âge de 22 ans, Franziska a décidé de passer au niveau M avec Amani et, six

mois plus tard, ils ont obtenu ensemble leur premier classement. « Amani a mis du temps pour apprendre les changements de pied, mais c’est certainement moi qui ne lui expliquais pas bien », avoue Franzi Keth. Sa monitrice, Christiane Braum, l’accompagne depuis les petits niveaux et accorde énormément d’importance aux bases. Si le cheval ne comprend pas quelque chose, mieux vaut prendre du recul – c’est toujours comme cela que Franziska fonctionne . Le duo s’est entraîné sur des reprises plus compliquées, en apprenant sur le tas. Et même si ça prend du temps, une fois qu’Amani a compris un exercice, il l’a acquis pour la vie. Passer au haut niveau a été une étape importante supplémentaire, mais ils y sont également parvenus. Aujourd’hui, il réalise des passages et des piaffers fantastiques, et brille encore de mille feux quand il évolue en piste.

Cependant, aujourd’hui, Franziska Keth ménage Amani davantage : elle veut garder le cheval de sa vie pendant de nombreuses années encore. Amani a été sacré champion de complet de la Hesse a l’âge de 13 ans, et pourtant elle a décidé de mettre un terme a sa carrière dans cette discipline juste après. « On ne faisait du complet que pour trouver un équilibre avec le dressage » explique-t-elle. « On a remporté le dressage haut la main, puis on s’est débrouillés en CSO (parce que je ne suis pas cavalière d’obstacles). Pendant le cross, Amani m’a donné l’impression de voler. C’était incroyable ! Mais il faut savoir s’arrêter quand tout va bien, et c’est ce que j’ai fait, dans l’intérêt de mon cheval. » Franziska Keth est célèbre dans le monde du dressage, mais elle a eu besoin du soutien de sa famille et de ses amis. Elle a fait face aux intimidations pendant ses échauffements, aux remarques sournoises quand elle et son beau blond d’à peine 1m51 avaient le dos tourné. Ces voix se sont tues à présent, et les chevaux de selle aux allures épatantes se retrouvent derrière le Haflinger dans les classements. Amani vit une belle vie de cheval : tous les jours au pré, et un programme de travail très varié. « On ne fait jamais la même chose deux jours de suite », explique Franzi Keth.  « Barres au sol, longe, balades, travail au sol, dressage en liberté, attelage…La variété est la clef ». Et quand on lui demande si ce merveilleux cheval a de mauvaises habitudes, elle nous explique qu’Amani a du mal à contenir son enthousiasme au printemps, quand il retourne au pré. Il s’est d’ailleurs retrouvé plusieurs fois en liberté, avec la longe du licol entre les membres. Cela dit, il reprend une attitude plus docile après quelques jours.

Le fils d’Amani, « All in One », un cheval de neuf ans, élevé par Franzi Keth elle-même, suit les pas de son père et est déjà très performant au niveau intermédiaire. Ces deux chevaux se trouvent actuellement dans les écuries que la famille Keth loue et, à leurs heures perdues, ils servent de poneys de compagnie à la fille de Franzi, âgée de deux ans.

Nous espérons que cette grande famille profitera encore de nombreuses aventures merveilleuses !

De spectaculaires islandais
Ces deux dernières années, c’est un groupe bien particulier qui a remporté le prix du meilleur spectacle d’Equitana - d’abord en 2022 à Mannheim lors d’Equitana Open Air, puis cette année lors du salon Equitana organisé à Essen. L’équipe de cinq amis se compose d’Ida Blersh, âgée de 13 ans, d’Anna Maurer, 24 ans, et de trois chevaux islandais, Faxi, Bella et Saara. Ils vivent tous à Aichbühl, dans le Sud de l’Allemagne, dans l’écurie des parents d’Ida.

Faxi et Ida ont grandi ensemble, tout comme Anna, Bella et Saara. Les deux filles incarnent fièrement la mentalité de l’écurie d’Aichbühl : « Le plus important pour nous, c’est que chaque cheval reçoive une formation de base solide», raconte Julia Blersch, la maman d’Ida et coach des deux jeunes filles. « Les fondements du travail doivent être corrects. Cela peut prendre du temps, mais seul un entraînement de base solide peut permettre de grandir. Peu importe la race du cheval ou le style d’équitation pratiqué. » Ida et Anna ont toutes deux eu beaucoup de succès avec leurs chevaux islandais lors de concours d’équitation de travail jusqu’au niveau élémentaire, mais aussi lors d’épreuves de TREC ou de concours de randonnée.

Les chevaux vivent en troupeau, ils ont profondément confiance en leurs deux cavalières et sont prêts à tout (ou presque) pour s’amuser. Ils sont très motivés et relèvent quasiment tous les défis. Les filles les montent beaucoup, mais le horsemanship et le travail en liberté font aussi partie de leur entraînement. Ils aiment aussi réaliser des clowneries : être montés en poste hongroise ou monter au galop dans un camion en feu sans bridon, par exemple. D’autre part, ces chevaux islandais sont aussi utilisés pour le cirque et en hippothérapie. Leur entraînement de dressage les rend faciles à monter et souples, ce qui permet à leurs cavalières de bien montrer leurs allures, surtout le tölt.

Les gérants de ces écuries actives sont particulièrement attachés à un projet en particulier : le « Cirque des Poneys ». Via ce programme, ils répètent régulièrement des spectacles hauts en couleurs avec tous les élèves, poneys et chevaux, et ces shows épatent ensuite la foule lors de festivals ou de spectacles de Noël. Au-devant de la scène, on retrouve toujours Ida, cette jeune de cinquième qui a fait sa première apparition publique en tant que princesse dans ce cirque des poneys alors qu’elle n’avait

même pas deux ans. Anna , une institutrice maternelle et

équithérapeute qualifiée, est aussi toujours présente. Les chevaux sont les stars du spectacle, ils réalisent des numéros de cirque : ils se couchent, s’assoient et se cabrent, effectuent du pas espagnol et de la poste hongroise.

Quand elle était jeune, Ida avait le droit, quand elle était malade, de regarder des vidéos du maître incontesté de la poste hongroise, le Français Lorenzo. Elle s’était alors fait une promesse : « Un jour, moi aussi, je ferai ça ». Et aujourd’hui, elle se tient facilement sur les croupes de Faxi et Saara, saute des obstacles ou passe en-dessous de ceux-ci, comme son idole. Anna régale le public avec du dressage en liberté et du travail de cirque remarquable. Ce spectacle est réellement unique et démontre ce donton est capable d’accomplir avec des chevaux travaillés sur de solides bases et avec beaucoup de sensibilité.

La suite pour ces deux filles ? Leurs jeunes juments, qu’elles travaillent elles-mêmes : Cessi, la Connemara de Anna, et Coco Chanel, une Morgan (une race américaine encore relativement méconnue en Europe). En équitation de travail, Coco et Ida se sont déjà classées en niveau élémentaire en 2022 – nous avons hâte de voir ce que l’avenir leur réserve et leur souhaitons tout le meilleur !

De cheval sauvage à champion de dressage
Il y a trente ans, Britta Becker a déménagé dans la campagne allemande. Deux ans plus tard, elle a réalisé son rêve : avoir son propre cheval. Évidemment, un cheval n’est pas vraiment heureux s’il est tout seul – pour lui tenir compagnie, elle a donc décidé d’acheter un poulain Dülmen lors de ventes aux enchères consacrées chaque année aux chevaux sauvages. Elle a choisi le numéro 25, un petit poulain hirsute et timide qui fuyait tout contact. Elle l’a très vite surnommé « Petit Âne ». Il fut ensuite officiellement baptisé « Pinocchio » et perdit rapidement sa timidité envers les humains. Britta Becker a beaucoup travaillé à pied avec ce jeune cheval, tant en piste que lors de longues promenades. Quand la jument de Britta est devenue poulinière, Pinocchio a pris le relais et s’est laissé débourrer sans problème, très certainement grâce à la confiance qui s’était installée entre le cheval et sa cavalière. Pinocchio a rapidement compris ce qu’on attendait d’un cheval d’un loisir, et il aimait aussi beaucoup les enfants. 

« Je le montais dans un club à proximité de chez moi et, après un certain temps, il a été question de le faire monter par des enfants » se souvient Britta Becker.

Voilà comment Jana Ruff est entrée en scène en 2001. La jeune fille de 14 ans et Pinocchio ont directement formé une équipe de rêve : leçons, stages, premiers concours… Rien ne les arrêtait ! En 2003, Jana a dépassé l’âge autorisé pour concourir en épreuve poneys, et ils ont donc dû participer aux compétitions réservées aux chevaux. En 2008, le couple a déroulé sa première reprise de niveau M en concours. À 17 ans, Pinocchio a subi une intervention abdominale majeure, mais il s’en est sorti grâce à sa robustesse. Après la période de rééducation, le duo de rêve a de nouveau brillé. D’abord en reprises A, puis M, et enfin dans des reprises S – dans le grand carré de dressage !

Il est incroyable de constater ce qu’on peut accomplir avec du bon travail, et ce malgré la conformation de sa monture. « Pinocchio était un vrai battant », se souvient Britta Becker. « Il comprenait toujours les enjeux et donnait tout ce qu’il avait ».

Ses concurrents et les juges de paddock avaient souvent un autre avis sur la question. Par exemple, certains disaient à Britta que l’échauffement pour les reprises E avaient lieu ailleurs, et Jana se faisait parfois intimider par les autres cavaliers qui lui lançaient des commentaires désobligeants. Cependant, toutes ces voix se sont tues lorsque Pinocchio s’est retrouvé en haut du classement et que le couple a réalisé son premier tour d’honneur. Alors, la plupart des cavaliers ont respecté Jana et « Pinocchio 135 », qu’ils ont dès lors considérés comme de sérieux concurrents.

Alors qu’il avait été acheté pour servir de « tondeuse », Pinocchio a eu une véritable carrière d’athlète. En plus de ses performances dans le carré de dressage, il faisait de longues promenades, du travail à pied, sur barres au sol et aux longues rênes, ou encore du saut d’obstacles. Cette variété dans le travail lui permettait de rester motivé. Il montrait son caractère unique lors des nombreux concours et événements de grande ampleur auxquels il participait, mais aussi lors de petites rencontres près de chez lui où il permettait docilement à des enfants de le monter pour une bonne cause.

Il a eu une vie heureuse dans un grand box et avec un accès quotidien à la l’herbe. Comme tous les poneys, il était très gourmand et extrêmement malin. Il est décédé en 2016 après une vie exceptionnelle de 21 ans vécue dans les meilleures conditions. Tous ceux qui l’ont connu se souviennent de ce petit sauvageon d’1m43 avec beaucoup d’affection.

C’est difficile à croire, et pourtant… Avec un travail adapté, beaucoup d’assiduité et de patience, certains couples cavalier-cheval parviennent à réaliser des performances qui semblent impossibles, en général à cause de la race du cheval en question. Dans cet article, Malgré Tout vous présente trois de ces couples exceptionnels.

Par Kerstin Schmidt. Photos: Barbara Schnell, Oliver Keth, Kerstin Bernhardt, Jasmin Bittmann & Metz Kosmos.

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